L’EGLISE DE PAILLE DE SAILLENARD

L’église que nous connaissons toutes et tous aujourd’hui à SAILLENARD, dominant le bourg, a conserver parmi le langage des anciens de notre village, le nom d’église de paille. Pourquoi ce nom donné à notre église ? c’est avec l’aide précieuse de nos archives que je vais  répondre à cette question.

 A quoi ressemblait la toute première église ou plutôt chapelle de Saillenard, Dieu seul le sait ? Avant la révolution de 1789, l’ont peut  imaginer la petite église Saint Pierre, avec au tour, un cimetière, sa croix en fer forgé daté de 1761 qui se trouve  dans le cimetière actuel, la place publique ou se tenait les assemblées des habitants réunis au son de la cloche et où, quelques années plus tard pousserai l’arbre de la liberté. Notons que le Saint patron de notre église semble toujours avoir été Saint Pierre et non Saint Léonard qui lui aurait donné le nom Saillenard et serait à l’origine un petit monastère ou ferme monastique.

  Un plan conservé en mairie puis dessiner à ma demande par Bernard LABET, ancien habitant de SAILLENARD, laisse deviner à quoi pouvait bien ressembler l’ancienne église avant sa reconstruction  «  elle se composait d’une nef non voûtée de style roman, précédée d’un clocher porche et coupée d’un transept saillant, voûté semble t- il d’arêtes ainsi que la travée du chœur qui lui faisait suite et que fermait un chevet à trois pans » (voir dessin).

 Une chose est certaine, les siècles passèrent et l’église de SAILLENARD, vers 1830 devenait bien petite pour ses 1500 habitants. De lourdes et coûteuses réparations laissées par toutes ces longues années était devenue l’une des principales préoccupations du conseil municipal. Fallait-il réparer ou bien reconstruire l’église de SAILLENARD ? En 1855, pendant que le conseil municipal ne cesse de s’interroger sur l’avenir de l’église qui était devenu un véritable danger public, Monseigneur l’évêque d’AUTUN, alerté par le curé BRILLAT en interdit l’accès et la pratique du culte. Une nouvelle église verrait donc le jour à SAILLENARD, telle  fût la décision prise par la Municipalité.

 

 Il va s’en dire qu’être privé d’une église, dans le milieu du 19ème siècle, dans une commune ou la religion catholique était fidèlement pratiquée ne pouvait être envisagé. Afin de palier à cette urgence, le maire proposa donc qu’il soit établi un local provisoire, en planches, sur la place publique pour la célébration des offices divins. Cette idée de local en planches comme il s’en trouve journellement sur les foires ne faisait guère l’unanimité au sein du conseil municipal. Le maire eu toutefois le dernier mot, car un local en planches de sapin plantés en terre et couvert de paille, d'où le nom d'église de paille, fût construit dans la cour de la maison commune, c’est à dire la mairie.

 Pendant que l’église de paille recevait humblement les pratiques religieuses, le nouvel édifice en pleine construction, laissait entrevoir une grande nouveauté, la nouvelle église, bien plus imposante serait orientée sens contraire de l’ancienne tant pour l’élégance du bâtiment par rapport au voisinage, que pour accueillir les ¾ des habitants qui arrivent par ce côté. Cette réserve émise par  le conseil des bâtiments civils s’expliquant également sur le fait que la façade serait beaucoup moins sujette aux dégradations au matin qu’au soir ou couchant. A l’origine, les églises, comme  celle de SAILLENARD voulaient que le chœur, coupant le transept de la nef, et représentant la croix, soit placé à l’orient (l’est), face à la Terre Sainte. La plupart des églises reconstruites à cette époque ont toute, pour la plupart perdu leur orientation initiale comme celle de BEAUREPAIRE qui date de 1855.

 La nouvelle église St Pierre commencée en 1861 se termina en 1864. L’église de paille quand à elle plia sous le poids du temps, du mauvais temps surtout. SAILLENARD à donc eu trois églises, l’une mystérieuse aux origines presque millénaire, celle d’aujourd’hui à  qui je souhaite la même vie, et la petite église de paille qui durant à peine dix années servit, tant bien que mal, et de la même façon, a rassembler les Hommes pour le meilleur et pour le pire.

 

                                                                                         Emmanuel BRAILLON